Études de sage-femme (maïeutique) : durée, débouchés et salaires, en vrai
Devenir sage-femme demande six ans d’études après le bac : la première année de santé, puis cinq ans en école de maïeutique (Onisep). Depuis la loi du 25 janvier 2023, les études se terminent par une thèse et un diplôme d’État de docteur en maïeutique. Voici le parcours, le métier, les débouchés et les salaires, chiffres officiels datés.
Combien de temps durent les études de sage-femme ?
Six ans après le bac, en trois cycles : un premier cycle de trois ans (première année de santé comprise), un deuxième cycle de deux ans, grade de master, puis un troisième cycle d’un an conclu par une thèse.
Le parcours
Six ans, trois cycles, un doctorat
- 1
Première année de santé 1 an
La licence portail santé à partir de 2027 (PASS ou LAS jusqu'en 2026-2027) : la sélection.
Le classement
- 2
Premier cycle, 2ème et 3ème années 2 ans
Sciences fondamentales et premiers stages ; six semestres au total, première année comprise.
- 3
Deuxième cycle, 4ème et 5ème années 2 ans
Formation approfondie en sciences maïeutiques, 48 semaines de stage, grade de master ; les étudiants sont rémunérés.
Grade de master
- 4
Troisième cycle, 6ème année 1 an
Deux semestres et une thèse d'exercice.
Docteur en maïeutique
Ce que disent les textes
- La loi n° 2023-29 du 25 janvier 2023 crée un troisième cycle des études de maïeutique ; le diplôme d’État de docteur en maïeutique est conféré après sa validation et la soutenance d’une thèse d’exercice.
- Le décret n° 2024-679 du 3 juillet 2024 fixe la durée du troisième cycle à un an (deux semestres). La réforme s’applique aux étudiants qui ont débuté la deuxième année après le 1er septembre 2024 ; les autres restent sur l’ancien diplôme d’État de sage-femme.
- Le nouveau deuxième cycle (diplôme de formation approfondie en sciences maïeutiques, 120 crédits ECTS, grade de master) s’applique à partir de la rentrée 2026-2027 ; le premier troisième cycle se déroulera donc en 2028-2029.
- À compter du 1er septembre 2027, les études de maïeutique sont organisées par les universités, dans leurs UFR de santé.
Vingt ans, trois systèmes
Où en est-on aujourd’hui ?
- 2010 → 2020 PACES Première année commune aux études de santé Une année, un concours, un numerus clausus. Redoublement autorisé une fois. Supprimée en 2020
- 2020 → 2027 PASS et LAS Deux voies parallèles Majeure santé et mineure d’un côté, licence et option santé de l’autre. Pas de redoublement en PASS. Dernière promotion en 2026-2027
- 2027 → Licence portail santé Une seule première année Trois blocs, les mêmes épreuves pour tous, deux chances et le redoublement possible. Rentrée 2027
Le métier : bien plus que la salle d’accouchement
Les compétences, telles que l'Ordre les liste (2025)
Suivi gynécologique de prévention ; prescription de toutes les méthodes contraceptives, pose et retrait d’implants et de stérilets ; dépistage et traitement des infections sexuellement transmissibles chez la femme et son partenaire ; surveillance de la grossesse, de la mère et du nouveau-né ; pratique de l’accouchement et consultation postnatale ; préparation à la naissance ; rééducation périnéale ; vaccination ; IVG médicamenteuses et instrumentales ; échographies obstétricales et gynécologiques ; suivi de l’allaitement ; bilan de prévention. La sage-femme se consulte en accès direct et prescrit les examens et les médicaments nécessaires.
À l’hôpital, la sage-femme pratique 70 % des accouchements en autonomie (Onisep). Le métier reste très féminin, avec environ 3 % d’hommes.
Pourquoi la maïeutique mérite d'être un premier choix, pas un repli
par les tuteurs de l'Académie 2A, étudiants en santé à Lyon
Beaucoup de lycéens classent maïeutique « après médecine », faute de la connaître. C’est un contresens : le champ de compétences s’est beaucoup élargi (gynécologie de prévention, contraception, IVG, échographie), le diplôme passe au grade de docteur, et les études durent six ans contre dix au minimum en médecine. Si ce qui t’attire, c’est la relation avec les patientes, la naissance et le suivi au long cours plutôt que l’hyperspécialisation, c’est peut-être ta filière. Un indice : nos tuteurs en maïeutique sont ceux qui parlent le plus de leurs stages.
Quels débouchés pour une sage-femme ?
L’hôpital d’abord, le libéral ensuite : sur 23 619 sages-femmes en activité en France hexagonale, 64,3 % sont salariées et 24,9 % libérales (RPPS, 1er octobre 2024).
| Fait | Chiffre | Source et date |
|---|---|---|
| Sages-femmes en activité | 23 619 en France hexagonale | RPPS au 1er octobre 2024 (fiche ARS Centre-Val de Loire) |
| Mode d’exercice | 64,3 % salariées, 24,9 % libérales, 10,9 % en exercice mixte | Idem |
| Places en deuxième année | 1 110 places en 2025, 1 065 admissions ; 15 places de plus prévues en 2026 | ONDPS, décembre 2025 |
| Objectif national 2021-2025 | 5 220 sages-femmes à former sur cinq ans | ONDPS, décembre 2025 |
Le salariat en établissement de santé reste majoritaire ; l’exercice libéral progresse, souvent en complément d’une activité hospitalière.
Combien gagne une sage-femme ?
À l’hôpital public, une sage-femme débute à partir de 2 264 € brut par mois selon l’Onisep, hors primes ; en libéral, aucune moyenne récente n’est publiée dans une source officielle lisible.
À l’hôpital public
| Repère | Montant | Source et date |
|---|---|---|
| Salaire de début (fonction publique hospitalière) | À partir de 2 264 € brut par mois | Onisep, fiche métier, 2026 |
| Grille indiciaire, premier grade | Indice brut 541 (1er échelon) à 880 (10ème échelon) | Décret n° 2022-439 du 28 mars 2022 |
| Grille indiciaire, second grade | Indice brut 676 à 1 027 | Idem |
| Prime d’exercice médical | 240 € net par mois, depuis le 1er février 2022 | Réponse ministérielle au Sénat, mai 2022 |
| Revalorisation Ségur | Environ 500 € net mensuels au total | FHF, mars 2022 |
| Étudiants de 4ème et 5ème années | 3 277,64 € puis 4 034,20 € par an | Arrêté du 6 juillet 2023 |
Le traitement d’une fonctionnaire hospitalière se calcule à partir de l’indice majoré et de la valeur du point (4,92278 € par mois depuis le 1er juillet 2023), hors primes, indemnités de nuit, de dimanche et de garde. Les montants en euros par échelon ne figurent pas dans le décret ; on s’en tient donc au repère de l’Onisep pour le début de carrière.
En libéral
Pas de moyenne récente lisible
Nous n’avons pas trouvé, dans une source officielle consultable, de revenu moyen récent des sages-femmes libérales. La DREES a publié le 15 septembre 2026 une étude sur le revenu des professionnels de santé libéraux autres que les médecins, qui note une hausse particulièrement marquée pour les sages-femmes ; nous l’intégrerons dès qu’elle sera accessible. En attendant, méfie-toi des chiffres qui circulent sans source.
Maïeutique à Lyon
L’école de maïeutique Lyon Sud Charles-Mérieux est rattachée à la faculté de médecine et de maïeutique Lyon Sud de l’université Claude Bernard Lyon 1, sur le site d’Oullins (165 chemin du Petit-Revoyet), avec un second site à Bourg-en-Bresse qui accueille 22 nouveaux entrants par an. En 2026-2027, Lyon 1 ouvre 50 places en deuxième année de maïeutique, plus 12 places en convention pour les étudiants de Saint-Étienne : le détail par voie d’accès est sur la page Lyon.
Les autres filières
Médecine, pharmacie, odontologie et kinésithérapie passent par la même première année. Pour y entrer à partir de 2027 : la licence portail santé et Parcoursup 2027 en santé ; les places de chaque ville sont sur la carte des villes. Tu hésites entre plusieurs ? Un étudiant en santé peut t’appeler.
Questions fréquentes
Combien d'années d'études pour devenir sage-femme ?
Six ans après le bac : la première année de santé (licence portail santé à partir de 2027), puis cinq ans en école de maïeutique. Depuis la réforme de 2023, les études comptent trois cycles : un premier cycle de trois ans (première année comprise), un deuxième cycle de deux ans qui confère le grade de master, et un troisième cycle d'un an conclu par une thèse d'exercice et le diplôme d'État de docteur en maïeutique.
Que fait une sage-femme exactement ?
C'est une profession médicale : elle suit la grossesse, pratique les accouchements normaux, assure le suivi de la mère et du nouveau-né, le suivi gynécologique de prévention, prescrit toutes les méthodes contraceptives, dépiste et traite les infections sexuellement transmissibles, vaccine, pratique les IVG médicamenteuses et instrumentales et les échographies obstétricales. On la consulte en accès direct, sans passer par un médecin.
Les étudiants sages-femmes sont-ils payés ?
Oui, pendant les stages du deuxième cycle : 3 277,64 € brut par an en 4ème année, puis 4 034,20 € en 5ème année (arrêté du 6 juillet 2023).
Un homme peut-il devenir sage-femme ?
Oui. Le métier est ouvert à tous, avec le même diplôme ; on parle parfois de maïeuticien. La profession reste très féminine, avec environ 3 % d'hommes.
Combien gagne une sage-femme ?
Dans la fonction publique hospitalière, l'Onisep indique un début à partir de 2 264 € brut par mois, auxquels s'ajoutent une prime d'exercice médical de 240 € net par mois et les revalorisations du Ségur (environ 500 € net mensuels au total selon la Fédération hospitalière de France). La grille indiciaire va de l'indice brut 541 à 880 dans le premier grade, puis jusqu'à 1 027 dans le second. En libéral, aucune moyenne récente n'est accessible dans une source officielle lisible ; la DREES a publié en septembre 2026 une étude signalant une hausse marquée du revenu des sages-femmes libérales, que nous intégrerons dès qu'elle sera consultable.
Y a-t-il des débouchés ?
Oui. On compte 23 619 sages-femmes en France hexagonale au 1er octobre 2024, avec un exercice majoritairement salarié (64,3 %), 24,9 % de libérales et 10,9 % en exercice mixte. Les capacités d'accueil nationales sont d'environ 1 110 places par an en deuxième année (2025), presque toutes pourvues.
Combien coûtent les études de sage-femme ?
À l'université publique, les frais d'inscription 2026-2027 sont de 178 € par an en première année et en premier cycle, puis 255 € par an en deuxième cycle. S'y ajoutent 105 € de contribution vie étudiante et de campus (CVEC) ; les boursiers sont exonérés des deux. Pendant les stages de 4ème et 5ème années, tu es rémunéré.
Où faire sage-femme à Lyon ?
À l'école de maïeutique Lyon Sud Charles-Mérieux, rattachée à l'université Claude Bernard Lyon 1, sur le site d'Oullins, avec un second site à Bourg-en-Bresse (22 entrants par an). En 2026-2027, Lyon 1 ouvre 50 places en deuxième année de maïeutique, plus 12 places en convention pour les étudiants de Saint-Étienne.
Sources
- Loi n° 2023-29 du 25 janvier 2023 visant à faire évoluer la formation de sage-femme (JO du 26 janvier 2023, reproduction FHF)
- Décret n° 2024-679 du 3 juillet 2024 portant création d'un troisième cycle des études en sciences maïeutiques (reproduction FHF)
- FHF, Les suites de la mise en œuvre du troisième cycle des études de maïeutique (23 février 2026)
- Onisep, Les études de maïeutique (10 mai 2026)
- Onisep, fiche métier sage-femme
- Conseil national de l'Ordre des sages-femmes, dépliant des compétences 2025
- ARS Centre-Val de Loire, Démographie des professionnels de santé 2024, fiche sage-femme (RPPS au 1er octobre 2024)
- Décret n° 2022-439 du 28 mars 2022 relatif à l'échelonnement indiciaire des sages-femmes des hôpitaux (reproduction FHF)
- FHF, note sur la revalorisation indiciaire du corps des sages-femmes des hôpitaux (30 mars 2022)
- Sénat, question écrite n° 27527 et réponse du ministère de la Santé, prime d'exercice médical (5 mai 2022)
- Arrêté du 6 juillet 2023 relatif à la rémunération des étudiants en second cycle des études de maïeutique (reproduction FHF)
- ONDPS, bilan des objectifs nationaux pluriannuels 2021-2025 (19 décembre 2025)
- Étudiant.gouv.fr, droits d'inscription 2026-2027, études de santé (publié le 26 juin 2026)
- Service Public, frais d'inscription à l'université pour 2026-2027 et CVEC (21 août 2026)
- Onisep, École de maïeutique Lyon Sud Charles-Mérieux, site d'Oullins
- Centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, remise de diplômes de sage-femme (27 juin 2025)